Alors, ce Tasman?

Auparavant inhabitée, la Nouvelle-Zélande fut tout d’abord colonisée par les Maoris, il y a un peu plus de mille ans. Arrivés à bord de grands canoës, ils baptisèrent leur nouvelle terre Aotearoa (le pays du long nuage blanc). Le 13 décembre 1642, le navigateur Hollandais Abel Tasman fut le premier Européen à en apercevoir les côtes. Mais il n’y posa jamais pied! Lors de sa tentative de débarquement, quatre de ses marins furent tués au cours d’une confrontation avec des guerriers Maoris, et il se résigna à explorer davantage le continent. Il repartit en pensant qu’il avait atteint l’Argentine. Il fallut attendre 127 années, soit 1769, pour que la Nouvelle-Zélande soit découverte pour la deuxième fois, cette fois-ci par l’explorateur britannique James Cook. Et c’est à partir de cette date que commença officiellement la colonisation du pays par les européens.

La région Nord-Ouest de l’île du Sud et la baie qui s’y situe portent désormais le nom de Tasman. C’est ici que 300 ans après sa visite, a été fondé le Parc National Abel Tasman, le plus petit des quatorze parcs nationaux néo-zélandais. Il fait actuellement partie des endroits les plus visités du pays. Tous les ans, des milliers de touristes et de vacanciers y viennent pour profiter de la beauté des plages de sable doré, cernées par une végétation luxuriante, et afin d’explorer les grottes et formations rocheuses – dont la plus célèbre est sans doute Split Apple Rock, qui ressemble à une pomme coupée en deux. Le parc pourra également ravir les amateurs de randonnées avec le trek Abel Tasman Coast Track. Long de 55,2 kilomètres, le sentier longe la côte et figure parmi les neuf plus beaux itinéraires de la Nouvelle-Zélande, appelés ici les Great Walks.

Parc National Abel Tasman

Park Narodowy Abel Tasman

Tout d’abord, Steeve et moi nous dirigeons vers le Nord. Après avoir laissé notre voiture au parking de Totaranui, en trois jours, nous explorons à pied une partie moins populaire du parc national, entre Wainui et Awaroa. Nous nous dirigeons ensuite vers le Sud et réservons un bateau taxi pour découvrir la dernière section du parc, le long du célèbre sentier. Devant nous, deux jours de marche. C’est le début de l’hiver, mais le climat doux et ensoleillé ressemble plus au printemps européen. Je pense que nous avons choisi le moment idéal pour découvrir la piste la plus populaire de Nouvelle-Zélande : malgré le fait que le parc soit chaque année visité par quelque 150 000 personnes, dont environ 30 000 passent la nuit le long du trek, en cette saison, tout semble vide. Le soir, nous nous installons dans un camping. Il est désert. En été, cela doit être une autre histoire…

Parc National Abel Tasman

Le parcours serpente le long des falaises côtières, parmi la forêt tropicale qui descend presque jusqu’à la mer. Nous traversons d’occasionnels ponts suspendus et passons à coté de nombreuses cascades. Par moments, le sentier longe de magnifiques baies en forme de croissant. Et c’est là que nous commençons à marcher sur les plages de sable orange-or, caractéristiques de ce parc, entourées d’un côté par les forêts de palmiers et fougères, et de l’autre par l’eau couleur turquoise. Ce serait pour nous le paradis sur terre, s’il n’y avait la présence de minuscules mouches du sable (phlébotomes), connues ici sous le nom de sandflies. Les phlébotomes piquent très fort, laissant des marques rouges qui démangent fortement et qui restent sur la peau plusieurs mois durant… A choisir, nous préférons les moustiques! Heureusement, nous sommes munis du répulsif adéquat. Dommage qu’il ne fonctionne pas sur les mouettes, qui viennent nous attaquer depuis les airs sous prétexte que nous ne souhaitons pas partager notre déjeuner avec elles. Mais quelle récompense : en fin de trek, nous apercevons quelques raies et un groupe de dauphins dans les eaux de la mer de Tasman!

Parc National Abel Tasman

Parc National Abel Tasman

Le Parc National Abel Tasman est un endroit à conseiller pour ses paysages uniques. On y trouve le meilleur climat du pays, des plages de sable fin doré aux eaux vert émeraude et des forêts primitives. Cependant, ceux qui comme nous souhaitent tester leurs capacités physiques et atteindre des endroits inaccessibles, insolites et rares, pourront se sentir déçus par la randonnée. C’est avant tout un itinéraire peu exigeant, aménagé au point qu’il peu être parcouru par les enfants, voire les personnes à mobilité réduite sur certaines sections.

Il y quand même un endroit qui m’a particulièrement marqué. Il ne se trouve pas sur le trek officiel, et l’on ne peut s’y rendre en taxi-bateau. La seule façon d’y accéder est d’effectuer une randonnée de quelques heures à partir du parking Wainui. Il s’agit de Separation Point, le cap rocheux séparant la Golden Bay et la baie de Tasman, situé a la pointe Nord-Est du parc national. C’est ici, au pied du phare et à quelques mètres de moi, que les otaries se reposent au soleil, tandis que les jeunes luttent contre les vagues en poussant des cris joyeux. Une fois de plus, je me laisse convaincre que les endroits les plus populaires ne sont pas nécessairement les plus beaux. Et ce ne sera pas la dernière!

Parc National Abel Tasman

A se rappeler:

  • Le parc ne comporte aucune route intérieure. Vous pouvez rejoindre le parc en voiture seulement par les extrémités Nord ou Sud;
  • La randonnée dans le parc est à composer « sur-mesure ». Vous n’êtes pas obligé de suivre l’intégralité du circuit (3-5 jours), mais dans ce cas la seule option est de louer un kayak ou de réserver un bateau-taxi (de 25 à 47 NZD par trajet) qui vous récupérera/déposera à l’arrêt choisi;
  • Le camping sauvage est strictement interdit et les nuits dans des huttes (32 NZD) ou campings ($14), doivent être réservées avant le début du trek;
  • En été, il est préférable de prévoir à l’avance pour réserver votre lieu d’hébergement, leur nombre est limité;
  • L’itinéraire devrait être planifié avec un tableau des marées, car certaines des plages à travers lesquelles passe le sentier ne sont accessibles qu’à marée basse;
  • Des chaussures imperméables ou des sandales peuvent être très utiles, sauf si vous êtes prêts à marcher pieds nus sur les coquillages;
  • Pas de poubelles dans les parcs nationaux, vous allez devoir transporter vos déchets jusqu’à la fin de la randonnée;
  • Tous les renseignements concernant l’itinéraire (cartes, météo, réservations, etc …) se trouvent sur le site officiel du trek : http://www.greatwalks.co.nz/abel-tasman-coast-track et sur le site du Département de Conservation de la Nouvelle-Zélande : http://www.doc.govt.nz/parks-and-recreation/tracks-and-walks/nelson-tasman/golden-bay/abel-tasman-coast-track/;
  • Et n’oubliez pas de vous protéger contre les attaques de phlébotomes! ;)

* Les photos avec signature GUMP2014 ont été prises et mises à la disposition du blog par Steeve Péré. Merci!  :) *

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